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juillet 2013

Gouffre, tambours et philosophes

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Comme il tape fort ce soleil. Ca chauffe dans le camion, cap sur l’Aveyron et le festiv’fed ce samedi 20 juillet.

A notre arrivée le plateau lumière et son est déjà monté, chose assez rare pour être signalée quand on est le premier groupe de la journée à faire les balances. Nous suons à grosses gouttes, mais notre installation commence à se roder, et nous expédions rapidement l’exercice.

Cap sur ce que les locaux appellent « le gouffre » pour rafraîchir les organismes : un petit bout de rivière flanquée au beau milieu d’une vallée encaissée. Par contre on a toujours pas compris pourquoi « le gouffre »…


Nous nous lovons ensuite dans l’école primaire du village, notre gîte pour la soirée, afin de profiter d’un peu de repos. En effet, nous n’attaquerons le début de notre set qu’à 1H30, il va falloir éviter de gaspiller ses forces…


Nous nous régalons des produits locaux pour diner, les batteries se rechargent tout doucement. L’équipe du festiv’fed est aux petits soins.

21h, les batupagaï chauffent l’audience à blanc de leurs rythmes endiablés entre les concerts. Les copains des Macadam Bazar, déjà croisés sur Montpellier, font rugir le savoir faire Marseillais. Les transitions sont super propres, et les différentes phases du spectacle semblent huilées comme un piston de trompette. Ils seront sur les routes tout cet été, n’hésitez pas à vous arranger pour croiser leur chemin!

1h30 donc, il est temps de réveiller les morts, et les quelques survivants de la fosse qui, manifestement, nous attendent au tournant. Et nous ne faisons pas dans la dentelle, on attaque comme des bourrins, la chaleur ne tombe pas.

Y a pas mal de déchets techniques au passage, mais heureusement nous avons notre spectacle bien en main après 5 mois de rodage. Le show semble filer sans nous à une vitesse folle. Nous saluerons au passage un beau freestyle improvisé du Rodent sur la fin de « Vérites et conneries ».

On quitte les planches, on boit une bière fraîche, on discute avec le public, avec les autres musiciens, et la nuit presque fraiche nous aspire rapidement. Nous croisons une belle brochette de philosophes avant de quitter le festival, qui auront réussi l’exploit de mettre une riveraine à terre, d’une droite imbibée d’alcool. Sarah, à l’organisation de la fête de la musique de St Affrique qui nous invita l’an dernier et venue ce soir juger de l’évolution du laboratoire, nous confie que les mêmes philosophes avaient déjà sévis à St Affrique un an plus tôt en mettant le feu aux stocks de bouffe du festival. A coup sûr, ce genre d’exploits, va encore servir la cause des organisateurs de festival qui se battent avec les riverains et les pouvoirs publics pour maintenir leurs initiatives culturelles à flots, malgré la crise.

En tout cas un immense merci à Amélie pour l’invitation, aux deux Flo à la régie et au plateau, Domi en cuisine, tout ceux qu’on oublie dans l’ombre et toute l’équipe du festival. Un accueil très très chaleureux et millimétré sur toute la soirée, on a franchement été impressionnés. Chapeau bas, on sait recevoir à Plaisance, à ne pas s’y tromper. Et ça, ça fait toute la différence pour nous.

Prochain rendez vous pour nous ce samedi à l’immense European Juggling Convention à Toulouse, ville hôte des rencontres européennes cette année. Une semaine de spectacles, performances et concerts de 10h à 5h toute la journée, de la bonne bière, et une programmation musicale impressionnante de découvertes locales. N’hésitez pas, ça va être du très bon.

Bisou, bisou.

Parenthèse, phrase ou chapitre?

Salat

Retour sur les ondes, après quelques semaines de silence radio. Les choses se corsent pour l’année prochaine et nous gambergeons de tous nos neurones pour organiser tout cela. Il est temps pour nous de plonger dans le grand bain et à ce titre nous avons tous fait le choix de faire de la parenthèse une phrase voire même un chapitre. Vous l’aurez compris, d’ici quelques jours nous abandonnerons tous nos habitudes étudiantes, ou nos boulots alimentaires pour que l’hydre à plusieurs têtes, Azad Lab, surgissent des profondeurs sans crier gare. Artistes amateurs et bénévoles, c’est presque classe.

Le pas à franchir est immense, le milieu est hostile, et un projet de 11 personnes sur la route est une vraie plaie niveau rentabilité. Une plaie que nous panserons par un travail acharné, par une folle envie de mordre dedans. Même si souvent l’envie s’éclipse devant la peur, la difficulté, l’abattement ou l’incompréhension, il est temps pour nous de partir à l’exploration de nos fors intérieurs, d’examiner le fond de nos tripes, de prospecter nos cœurs et de sonder nos subconscients… Seule la vie sait comment l’expédition se terminera, mais une chose est sûre, dans tous les cas ça va faire des étincelles…

Ce mois de Juillet sera donc l’occasion de préparer les temps de travail, la répartition des tâches et les outils avant de se lancer dans l’arène. Un peu de pression au pied du mur de nos lamentations, heureusement on consolide l’édifice en retrouvant la scène tous les week-ends. Et ce week end nous mettons le cap sur Seix tout près de l’Andorre pour le Ride’n Salat.

Le soleil tape fort, mais la montagne ariégeoise est fraîche, et accueillante.

Nous sommes cependant accablés par la chaleur et la fatigue, et nous enchaînons des balances à un rythme très lent. Maxime vacille même derrière sa table. Nos organismes attendent les vacances avec impatience… Nous ne trouvons évidemment rien de mieux que de participer à un match de foot en salle organisé par le festival pendant plus d’une heure qui finira de nous faire racler le parquet du gymnase avec les dents.

Les copains des Taikonauts ouvrent le bal pendant que nous étirons nos muscles ankylosés. Il va falloir aller chercher loin pour puiser la force d’enchainer un gros set. 23H, nous attaquons sans attendre en jetant nos dernières forces dans la bataille. Le public n’est certes pas venu en masse, mais l’embrasement est immédiat, et nous sommes obligés de suivre la cadence. Il fait chaud dans la salle, très chaud, nous sommes maculés de sueur. Nous terminons X/Y, notre dernier titre, sur les rotules. Le public s’essouffle à plein poumons pour le rappel, et nous n’avons d’autre choix que d’obtempérer. Nos corps disent non, mais peu importe, nos dernières ressources devront tenir le coup. « France express » notre rappel, d’une durée de 11 minutes, rigole en nous voyant terminer le morceau dans la foule. Nous sortons à nouveau de scène, Clément et Flo frôlent le malaise…

Mais c’est alors que commence le vacarme, la salle hurle comme rarement nous l’avions entendu. Nous ne savions pas qu’une centaine de personnes pouvaient faire autant de bruit. Vraiment, ça faisait presque peur. Nous hésitons quelques instants, mais nous nous rendons vite à l’évidence…

« Babaaaaa, encooooore » hurle Flo par la fenêtre à celui ci déjà en train d’uriner dans les jardins de la salle.

Nous enchaînons donc un second rappel. Ca ne nous arrive que très rarement, et honnêtement c’est toujours dans les moments les plus surprenants que ça arrive… Et ça ça fait plaisir. Cette fois c’est la bonne, nous quittons la scène pour de bon, heureux que les ariégeois aient pu apporter un peu de lumière dans ces moments difficiles pour nous. Nos véhicules filent dans la nuit ariégeoise et nous regagnons Toulouse pour savourer le jour du seigneur et ses courbatures…

Grand merci à Jo pour l’invitation, Emma à l’accueil artistes, Beulin à la technique et toute l’équipe du festival. Merci à Manu pour les changements de plateau express!

Deux dates Toulousaines avant notre semaine de vacances, puis on se retrouve pour une grosse dizaine de dates dans toute la France en aout! Toute la tournée d’été ici.

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